articulation pendulaire de deux mobilités l’une dans l’autre :
  — l’une de dilation et de dissipation du Moi par son immersion progressive dans le flux des connexions transversales [ DÉPERSONNALISATION ET INVOLONTARISATION ]
  — l’autre de contraction et de marquage d’un chez-soi
 
intégration oscillatoire des deux mouvements dans l’unité d’un rythme qui n’est ni une cadence ni une mesure (temps institué), mais la simultanéité et l’implication mutuelle de l’universalisation et de la singularisation dans une même dynamique de tension, c’est-à-dire dans la capacité de se tenir dans l’entre-deux où s’opère le court-circuit explosif de la métamorphose
 
la puissance accumulée se décharge sans profit pour ce qui existe [ INSTANT DE LA RENCONTRE AVEC LA RÉALITÉ CHAOTIQUE ]
=> sacrifice joyeux, puis nouveau commencement [ INDIVIDUATION ET SUBJECTIVATION ]
 
  — si le mouvement s’interrompt dans la position centrale de l’immobilité schizophrénique, lieu d’indistinction dans un même état de l’identité à soi et de l’indifférenciation (surproximité compacte), c’est-à-dire de la concentration en un point et de l’effacement dans l’extension illimitée ; dans sa promenande « sur place », le schizophrène reste lui-même, mais il est aussi tous les autres simultanément ; il se vit comme le pivot de tout ce qui arrive (présence excessive, tout procédant de lui et tout convergeant vers lui) ; il n’y a plus transformation (dynamisme créatif), mais seulement torsion (statisme déformant)
  — ou si une des deux mobilités va à son terme, invalidant tout accès à l’étrangeté : à l’une des extrémités, l’expérience mystique de la fusion avec le Tout et de l’identification avec la force vitale (rupture du principe d’individuation, abolissement des frontières, risque de se noyer dans la mer qu’on est soi-même devenu) ; à l’autre extrémité, le repli paranoïaque vers des territoires asilaires fermés à l’événement imprévisible (cantonnement stérile dans le déjà possible, enveloppe défensive tournée vers l’intérieur)
 
 
 
[ ZAGREUS DA CAPO ]
LA DANSE GÉNITALE © 2010 [ vincent estrabaut ]